Scan to BIM : scannez un bâtiment en maquette BIM grâce aux Iphones

Ce projet de R&D « Scan to BIM » va faciliter la numérisation des bâtiments et l’accès au BIM pour des structures de petites tailles ou ayant des moyens limités : une grande avancée dans l’univers de la French Tech. C’est l’alliance de l’expertise de la topologie du CNRS, du logiciel OpenSource d’affichage de nuage de point d’Oslandia et des recherches pointues sur l’IA couplé au savoir-faire des maquettes BIM de BIMData qui a permis de remporter l’appel à projet BOOSTER 2021 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
 
Les nouveaux Iphones sont munis d’un lidar (un scanner 3D). En scannant un bâtiment avec le lidar, on obtient un nuage de points. Il s’agit ensuite de reconstruire les objets 3D à partir de ces nuages de points car ceux-ci ne sont pas structurés ; il n’existe en effet pas de relations entre les points. Les surfaces doivent être fermées pour pouvoir ensuite obtenir un modèle 3D et c’est à ce moment-là qu’intervient l’intelligence artificielle. Elle va permettre de retraduire les objets 3D sous le format IFC conforme. On saura donc que telle forme 3D correspond à tel élément du bâtiment (exemple : fenêtre, dalle, chaise). S’ajoute à cela le modèle topologique du CNRS qui ajoute de la connaissance par rapport à la relation entre objets. Cela permet d’affiner encore plus le process de reconnaissance des objets 3D. L’entreprise Oslandia, elle, est spécialiste de la gestion de nuage de points. Elle travaille avec le SIG (système d’information géographique) et tous les autres outils nécessaires au traitement, à la gestion et à la reconstruction géométrique du nuage de points. Tout cela va venir enrichir la maquette 3D, le but étant que celle-ci puisse être exploitée par tous les métiers du bâtiment.

Limiter les futures pertes d’énergie

Ce projet BOOSTER 2021 fait partie du plan BIM 2022 pour accompagner la transition numérique des entreprises. Le but est de numériser les plans en papier qui trainent à droite à gauche pour avoir un même écosystème de données pérennes pour tout le monde. Cela prend beaucoup de temps et sous-entend un budget conséquent pour « bimer » un vieux bâtiment. Il faut faire appel à des modeleurs, souvent en sous-traitance à l’étranger. Le métier de modeleur consiste à exécuter des modèles d’après un objet ou un dessin de cet objet. Les outils et méthodes de relevés sur site utilisés sont également chers et contraignants. « Grâce à notre projet R&D innovant comprenant l’utilisation du nouvel Iphone, cette étape sera totalement automatisée ! Nous allons donc faire gagner du temps aux grosses structures tout en permettant aux petites structures de moins dépenser pour « bimer » leurs bâtiments. Les maquettes seront exploitables dans une visionneuse 3D BIM pour un coût divisé par 4 » explique François Thierry, directeur R&D chez BIMData qui a mené le projet.

Pour une commercialisation d’ici 2 ans

Le Plan BIM 2022 incite actuellement tous les bâtiments publics de plus de 100 000 mètres carrés à être « bimés ». C’est la première étape vers une démocratisation du BIM pour tous les types de bâtiments publics et privés dans les prochaines années. Les clients potentiels de ce projet « Scan to BIM » sont donc très nombreux. François Thierry nous révèle que les trois partenaires ont d’ores et déjà été dirigés vers les directions des lycées mais également le cluster Indura ou des bâtiments anciens qui veulent être « bimés ». Dans tous les cas, la commercialisation du « Scan to bim » devrait avoir lieu d’ici 2 ans.    
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